Je crois à la vie après la mort

« Avant, je n’avais aucune conviction sur la mort. » Stéphanie, 41 ans, mère de deux enfants, est enseignante à mi-temps. Elle a traversé plusieurs années marquées par la maladie et l’arrêt de travail. Baptisée en 2021, elle revient sur un chemin de foi né dans un contexte inattendu : le décès d’une amie atteinte d’un cancer. Longtemps, elle ne croyait pas à la vie après la mort. Pourtant, au moment de ce deuil, quelque chose s’est déplacé en elle. Peu à peu, la question de la résurrection et de la présence du Christ s’est imposée. Cet entretien, réalisé à Montligeon, permet de comprendre comment une foi récente s’est enracinée au fil des rencontres, de l’épreuve physique et d’une confiance qui continue de se construire dans le temps.

Avant, pour moi, après la mort, c’était fini

Stéphanie le dit simplement : pendant des années, la mort représentait une fin définitive. « Je ne croyais absolument pas à une vie après la mort », explique-t-elle. Cette conviction lui semblait même confortable. Le décès d’une amie atteinte d’un cancer vient toutefois bouleverser cet équilibre. Au moment de se recueillir auprès d’elle, Stéphanie ressent une paix profonde, inattendue. Elle commence alors à lui parler. « Je me suis dit : si je lui parle, c’est que je pense qu’il y a quelque chose derrière », confie-t-elle. Cette expérience intérieure ouvre une brèche. Elle ne voit plus son amie comme « juste poussière ». À partir de là, elle commence à chercher. Elle se rend à la messe, observe, écoute, sans projet précis. Peu à peu, elle dit entrevoir ce que signifie croire au Christ ressuscité et à une vie après la mort. La foi ne s’impose pas d’un coup ; elle prend forme à travers des gestes simples et une interrogation persistante.

Entretien avec Stéphanie au micro de Dolène Yvrande à l’occasion de la pause mamans du 10-11 janvier 2026

Le Seigneur m’a parlé, mais je n’étais pas disponible

En relisant son parcours, Stéphanie reconnaît que la foi ne lui était pas totalement étrangère. « Le Seigneur m’a parlé plusieurs fois dans ma vie », dit-elle, tout en précisant qu’elle n’était pas prête à répondre. Elle menait sa vie, repoussant toute question spirituelle. Après le décès de son amie, elle accepte toutefois d’entrer dans une démarche plus concrète. Elle participe à un parcours Alpha. Elle y découvre des temps de rencontre, des enseignements, des repas partagés. « Je me suis laissé entraîner », explique-t-elle. Les rencontres comptent beaucoup : d’autres participants, des prêtres, une paroisse qui devient peu à peu familière. Au fil de ce cheminement, une évidence s’impose. « Peut-être que finalement j’ai la foi », reconnaît-elle. Elle s’engage alors dans un parcours de catéchuménat. Ce temps se révèle exigeant, mais il la conduit au baptême, reçu en 2021. Aujourd’hui, elle le dit clairement : être devenue enfant de Dieu est pour elle un cadeau décisif.

J’ai ressenti une paix incroyable quand je suis allée me recueillir auprès d’elle

« Ce qui est beau, c’est que je vis l’épreuve avec le Christ »

Huit mois après son baptême, Stéphanie traverse une épreuve brutale. Elle perd presque l’usage de ses jambes et une partie de sa motricité. Commence alors une longue période de rééducation, toujours en cours. Cette maladie survient alors que sa foi est encore récente. Pourtant, elle ne dit pas avoir douté. « Le Seigneur a mis les bonnes personnes sur mon chemin », affirme-t-elle, évoquant soignants et les accompagnements reçus. Elle souligne aussi un autre travail, plus intérieur : depuis quatre ans, elle soigne des blessures anciennes, psychologiques, liées à son histoire personnelle. Un jour, un prêtre lui adresse une parole qui l’éclaire : « Ce qui est beau dans votre épreuve, c’est que vous la vivez avec le Christ. » Cette phrase change son regard. Elle découvre que le Christ ne supprime pas l’épreuve, mais qu’il la traverse avec elle. « J’ai découvert ma foi à travers la maladie », explique-t-elle, en parlant d’une présence reçue dans la durée, avec douceur.

Je marche avec le Christ, à mon rythme

Aujourd’hui, Stéphanie parle d’une force qu’elle ressent sans toujours pouvoir la décrire. « Le Christ est avec nous dans nos douleurs », affirme-t-elle, en soulignant sa délicatesse. Cette présence l’aide à avancer. Elle évoque deux paroles bibliques qui la soutiennent : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le fardeau » et « Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort ». Sa faiblesse ne disparaît pas. Elle apprend cependant à vivre avec. « Je ne sais plus trop marcher », dit-elle, « mais je marche avec le Christ, à mon rythme ». Son séjour à Montligeon s’inscrit dans cette dynamique. Elle y trouve un accueil, des rencontres, une pause nécessaire dans son quotidien de mère et d’enseignante. « C’est une respiration », confie-t-elle, un temps pour reprendre élan et confiance. Sa foi continue de se construire ainsi, pas à pas, dans l’espérance.

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