Deux classes de prépa ECG (Saint-Jean de Passy) ont choisi de venir en groupe pour réviser les concours des grandes écoles au sanctuaire Notre-Dame de Montligeon. Environ 70 étudiants ont vécu une semaine de travail intensif, du dimanche 22 au vendredi 27 février 2026, avec un rythme commun, des repas partagés et des temps de pause pour tenir dans la durée. Ce que change un sanctuaire ? le calme au cœur de la nature, la possibilité d’assister aux offices, et un lieu de recueillement accessible à chacun.
Réviser à Montligeon : un cadre de travail, un rythme, une équipe
Maya, Louise, Marion et Eugénie ont 19 ans et préparent des concours d’écoles de commerce. Elles suivent une prépa ECG à Saint-Jean de Passy, avec des options différentes. Cependant, elles partagent la même réalité : la préparation impose un rythme dense, et l’esprit de promo compte. Les professeurs ont donc proposé une semaine de révision à Montligeon. Elles y voient une solution pratique, parce que le lieu offre des couchages et de grands espaces. Eugénie insiste : « c’est vraiment un privilège » de venir ici pour travailler, plutôt que de choisir une semaine de coupure ailleurs.
Elles mettent en place une organisation simple. Réveil vers 7 h 30, petit déjeuner à 8 h, repas pris ensemble. Ainsi, la journée gagne en régularité. Marion précise qu’on cherche à se coucher à une heure raisonnable, pour éviter l’épuisement. Cette discipline ne sert pas seulement la performance. Elle structure aussi un collectif. En outre, les repas communs installent une cohésion. Elles parlent d’« esprit d’équipe », comme si la promo se constituait au fil des horaires partagés.
Le changement de décor joue aussi. Elles quittent les salles fermées de la prépa, et elles trouvent un environnement plus ouvert. Louise résume d’une formule : « c’est un double cadre assez agréable ». Le travail reste exigeant, mais le lieu change la manière de le vivre.
Marcher, se taire, prier : des coupures qui remettent les idées en place
À Montligeon, la coupure ne passe pas seulement par l’air libre. Louise explique qu’un sanctuaire offre des repères concrets : « profiter aussi des offices ». Elle mentionne un office le matin, vers 7 h 30, qui lance la journée autrement. Par conséquent, l’entrée dans le travail ne ressemble pas à une course immédiate. Elle décrit un effet direct : davantage de concentration ensuite, et un « bon état d’esprit » pour étudier. Le cadre aide, parce qu’il ouvre une respiration intérieure autant qu’un espace extérieur.
Maya raconte un autre type de pause. Après le déjeuner, on invite le groupe à s’aérer. La marche conduit parfois jusqu’à l’église. Elle le dit clairement : « même si je suis pas catholique », elle y trouve « un endroit de calme » pour remettre les idées en place. La question revient : est-ce utile dans une journée de travail ? Elle répond par l’expérience : oui, parce que la coupure permet de revenir « plus concentrée ». Elle ajoute un point important : « les prières… ne sont pas obligatoires ». Cette précision cadre l’accueil. On peut participer, ou non. Pourtant, elle se souvient d’une venue précédente, au lycée, avec des temps de prière imposés. Elle dit les avoir « très bien vécu » et elle parle de « beaux moments » de recueillement.
Elle va plus loin. Le recueillement met les concours à distance et redonne de la perspective. De plus, elle affirme : « je suis musulmane », tout en soulignant des valeurs communes entre monothéismes. Elle ne discute pas un système. Elle décrit une expérience : un lieu calme, une pause réelle, et une façon de se recentrer sur l’essentiel.
Se poser des questions sur l’avenir : carrière, sens et ouverture
À mesure qu’elles travaillent, une autre question surgit : que vient-on chercher après le concours ? Eugénie le formule avec précision. Pendant des mois, on pense aux plans de géopolitique et aux réponses de maths. Cependant, les oraux obligent à parler de « projet personnel professionnel ». Le lieu devient alors un appui pour réfléchir. Elle pose une alternative très concrète : veut-on « passer du 8 h au 21 h dans un bureau à faire de la finance », ou chercher autre chose ? Le calme aide à clarifier.
Maya insiste sur l’ouverture des parcours. Elle évoque les passerelles, les doubles diplômes, la possibilité de bifurquer vers l’ingénierie, le conseil, ou une carrière plus diplomatique. Elle conclut : « beaucoup de portes sont encore ouvertes ». Louise rejoint cette idée, mais elle déplace l’accent. Pour elle, venir ici permet « de prendre le temps de réfléchir », et même de « bouleverser » des voies toutes tracées. Elle veut « grandir », « s’affirmer », et ne pas rester enfermée dans une identité d’étudiante en concours.
Une question s’impose : comment agir sur le monde ? Louise dit que « tout le monde a envie de changer le monde à son échelle ». Marion nuance aussitôt. Elle voit un climat d’urgence, « le chaos » autour, et elle juge l’élan difficile à tenir. Elle reconnaît l’intention, mais elle note l’écart entre le slogan et l’action. Ainsi, elles décrivent une tension réelle : désir de servir, besoin de lucidité, et recherche d’une échelle d’engagement possible.
L’IA en prépa ? gagner du temps mais garder un esprit critique
La discussion bascule vers l’IA. Eugénie observe que les professeurs encouragent son usage, notamment pour synthétiser des documents ou éclairer un point historique ou géopolitique. Elle pose une règle de prudence : l’utiliser « avec un esprit critique ». Elle distingue ce qui aide et ce qui peut tromper. Quand le sujet est récent, elle dit que « c’est un peu plus compliqué ». Elle invite donc à vérifier, à repérer les erreurs, et à ne pas prendre pour acquis ce qui tombe vite.
Elle cite aussi des usages plus techniques, comme Python. L’outil peut accélérer une compréhension, ou aider à débugger. Cependant, elle insiste : toute la part de raisonnement reste humaine. « Tous les raisonnements », dit-elle, doivent venir d’elles, surtout le jour du concours. Par conséquent, l’IA ne doit pas devenir un appui automatique.
Marion renforce l’idée d’efficacité. En prépa, la vitesse compte, et l’outil devient une aide pour « rentabiliser le temps ». Maya compare des outils, selon les besoins. Elle explique qu’en deuxième année elle l’utilise davantage, pour synthétiser, mais aussi pour les langues et les déclinaisons. Elle parle d’un « gain de temps non négligeable ». Elle mentionne aussi Perplexity, qui « donne des news avec les sources » [à vérifier], utile pour l’actualité.
Louise apporte un contrepoint. Elle voit le risque d’une dépendance, et elle rappelle le travail de mémoire : dates, événements, références. Elle dit apprendre mieux en lisant un article entier et en faisant sa propre synthèse. De plus, elle évoque une réserve écologique : « ça pollue beaucoup ». Elle choisit donc de limiter son usage, parce qu’elle ne le juge pas indispensable pour sa méthode.
Foi, questions et prière pour les défunts : un repère possible au milieu des études
Le sanctuaire n’impose pas un discours unique. Les étudiantes décrivent des trajectoires différentes face à la foi. Louise explique que Dieu occupe une place importante dans sa vie. Elle en parle en famille. Elle aime aussi inviter ses amis à un office. Elle raconte même que le dialogue avec une amie non pratiquante l’aide à clarifier ce que signifie la foi catholique pour elle. Elle le dit simplement : parler, questionner, et transmettre ce qu’elle reçoit.
Marion décrit l’inverse. Avant la prépa, elle se sentait très proche de Dieu. Ensuite, la philosophie et les cours l’amènent à douter. Elle parle d’une foi « remise en question », et cela l’inquiète. Eugénie ne nie pas cette épreuve. Elle pense que plus on étudie, plus on apprend à connaître sa foi, et donc plus on la travaille. Elle explique son rythme : messe chaque dimanche, retrouvaille avec des amies, et une vraie pause, parce que la prépa « ne s’arrête jamais ». Elle formule une phrase nette : « tout n’est pas immanent ».
Dans ce contexte, la mission spécifique de Montligeon apparaît. Eugénie remarque que « prier pour les défunts » dans un lieu beau et dédié a du sens, et elle retient « l’adresse » pour le jour où elle perdrait un proche. Maya, de son côté, dit avoir compris récemment pourquoi des familles viennent ici. Elle raconte qu’en voyant passer des parents et des enfants, elle se met à penser à leur intention. Louise conclut en élargissant : même quand on vient travailler, on peut « prier et penser à ces familles ». La dernière phrase, lancée comme une boutade collective, ouvre une perspective : « c’est la vie éternelle. Foncez ! »
Venir en groupe pour réviser les concours des grandes écoles ne change pas seulement le décor : cela impose un rythme, une solidarité, et des pauses qui rendent le travail tenable. Ici, ces étudiantes ont travaillé, marché, et parfois prié, chacune selon sa situation. De plus, elles ont appris à regarder autrement les familles venues pour un deuil, et à ne pas réduire le sanctuaire à un simple lieu d’hébergement. Ainsi, la semaine de révision peut devenir un temps de recentrement, où l’on retrouve une attention aux autres et à la communion de prière pour les défunts.




