Vivre le deuil d’un conjoint

16 septembre 2022

Marie Garat
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Après la mort de son mari dans un accident d’hélicoptère il y a trois ans, Marie est venue une première fois à Notre-Dame de Montligeon pour une session deuil, à la Toussaint 2021. De retour au sanctuaire l’été 2022 avec ses enfants, elle témoigne de sa manière de vivre le deuil d’un conjoint.

Qu’est-ce qui vous a conduite à vous inscrire à une semaine deuil à Montligeon ?

Ce qui m’a aidée, c’est d’y être invitée et d’y être accompagnée par la sœur de mon mari. Nous avons fait la session deuil de cinq jours. J’ai été très bien suivie dans mon chemin de deuil. D’une part, par les sœurs de la Nouvelle-Alliance qui nous aident à prendre conscience des étapes psychologiques du deuil. Et d’autre part par les chapelains, qui nous donnent une vision eschatologique de ce qu’on traverse, ainsi qu’une espérance de ce qui nous attend au Ciel.

De plus, j’ai beaucoup apprécié de me sentir portée dans une communion de prière, entre les participants et aussi dans la communion des saints.

L’accompagnement par un chapelain tout au long de la session m’a aidée à comprendre que mon mari était déjà arrivé au terme et qu’il m’attendait. Il est un allié. Il nous aide encore plus en étant auprès de Dieu, que matériellement en étant sur terre. Au début c’est dur à entendre mais aujourd’hui, on le vit. Je vois des situations un peu compliquées du quotidien qui se dénouent de manière providentielle.

Avez-vous un conseil pour vivre le deuil d’un conjoint ?

Il faut prendre le temps de le vivre et ne pas se noyer dans les activités ou dans le travail. C’est important de réaliser qu’on a le droit d’être triste et de pleurer. Ne pas hésiter à demander l’aide de la famille ou des amis proches qui peuvent comprendre ce que l’on traverse. J’ai eu la chance d’être très soutenue pour la logistique et cela m’a permis d’accuser le choc et de pleurer quand j’en avais besoin.

Le cap des deux ans après la mort du conjoint est un peu délicat car la famille a mis en place une nouvelle routine, mais en même temps le mari, le papa n’est plus là. J’ai trouvé que ce creux de la vague était difficile à vivre car la solitude m’a rattrapée, alors qu’au début on est très entouré.

La session deuil est donc arrivée au bon moment. J’avais besoin de poser cette nouvelle étape sous le regard de Dieu et de la voir dans l’espérance.

Comment avez-vous géré le deuil et les émotions des enfants ?

Les trois enfants qui étaient jeunes ont eu chacun des réactions différentes. J’ai trouvé qu’il était assez sain de leur montrer que j’étais triste, tout en leur expliquant ce que je ressentais. Je mettais des mots, mais en ayant soin d’avoir une parole d’espérance. J’ai la chance d’avoir la foi. Je pouvais donc dire que leur papa était avec Dieu et qu’il était là d’une autre manière, même si la séparation est très dure et même si on allait mettre du temps à le comprendre.

Avec ma famille et ma belle-famille, on s’est serré les coudes. On s’est effondré à des moments différents et on se soutient mutuellement car on a la chance de très bien s’entendre.

Y-a-t-il une vie après la mort d’un conjoint ?

Au début, je me suis dit que la vie allait être extrêmement longue sans lui. Dans un deuxième temps, j’ai ressenti de la colère. Il m’est arrivé de crier vers Dieu : « Je ne comprends pas ce que tu veux ! Déjà c’est dur d’élever trois enfants assez rapprochés quand on est deux, donc toute seule, je ne vois pas comment je vais faire ! » Ensuite j’ai plutôt regardé les fruits de notre amour : nos enfants. Cela m’a beaucoup aidée et m’a donné de la force.

Pendant toute une période, il fallait que je me pousse tous les matins pour m’occuper d’eux car la tristesse fatigue beaucoup. J’étais très lasse. Mais très vite, la vie a repris le dessus et les enfants qui font toujours des projets m’ont poussée à aller de l’avant.

Le travail est-il un allié ou un poids ?

J’ai eu assez vite une opportunité pour reprendre un travail. Au début c’est difficile de reprendre le rythme et de s’organiser. Mais après c’est un cadeau. Cela remplit mes journées, même si je fais très attention à ne pas me noyer dans le travail pour ne pas prendre le deuil de plein fouet après. D’où l’importance de la session deuil à Montligeon, qui permet de se poser. Le travail me permet d’extérioriser et de me rendre utile autrement.

La communion des saints, vous y croyez ?

Croire à la communion des saints, c’est croire que la vie sur terre et la vie au ciel sont intimement liées. Tout ce que l’on fait et tout ce que l’on vit a un retentissement au Ciel : les bonnes actions, les efforts, l’épreuve. Tout cela peut aider les âmes qui sont en attente d’être près de Dieu. En même temps les prières qu’on leur demande nous aident à faire notre chemin sur la terre. J’ai redécouvert avec Montligeon ce tissu de prière qui unit les défunts et les vivants.

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