Homélie des funérailles de l’abbé Roland Guérin

Ce jeudi 3 septembre 2026, Mgr Bruno Feillet, évêque de Séez, entouré de nombreux prêtres du diocèse, a présidé en la basilique Notre-Dame de Montligeon la messe de funérailles de l’abbé Roland Guérin.
L’abbé Roland Guérin s’est endormi dans la paix du Seigneur, muni des sacrements de l’Église, le samedi 29 août à l’hôpital de Mortagne-au-Perche, dans sa 95e année et dans la 70e année de son sacerdoce.
« Enfant du pays », comme il aimait à se présenter, il avait été servant d’autel à la basilique dans son enfance. Prêtre du diocèse de Séez, il a consacré sa longue vie sacerdotale à l’enseignement et au ministère paroissial.
Il était resté profondément attaché à Notre-Dame de Montligeon. En juillet 2022, il y avait célébré ses 65 ans de sacerdoce au cours d’une messe d’action de grâce, invitant notamment les fidèles à prier pour la paix.
Après la messe de funérailles, l’abbé Roland Guérin a été inhumé au cimetière de La Chapelle-Montligeon. Nous le confions à la miséricorde de Dieu et à la prière de Notre-Dame Libératrice.

Homélie du père Jacques Roger

La Chapelle-Montligeon, 3 septembre 2026

2 Tm 4, 5-8. 17-18 ; Ps 22 ; Jn 17, 24-26

Cher Paul, lorsque tu m’as demandé de prononcer l’homélie, je t’ai dit : « C’est plutôt à toi de le faire : tu as accompagné Roland depuis plusieurs années avec le père Charles, les chapelains et les sœurs. » Tu m’as répondu : « Moi, je suis le prêtre de la vieillesse de Roland ; Roland est le prêtre de ta jeunesse. Alors, vas-y ! »

En effet, il a été mon professeur de 6e au collège du Sacré-Cœur à Domfront, et nous sommes toujours restés en relation d’estime mutuelle et de confiance. Roland est arrivé comme jeune professeur d’histoire et de géographie : il avait 28 ans.

L’abbé Guérin était passionné par l’histoire et la géographie, qu’il enseignait avec le français et le latin. Il nous faisait découvrir combien l’histoire est importante pour discerner d’où l’on vient et où l’on va. Ce n’était pas seulement la chronologie qu’il développait, mais aussi la philosophie de l’histoire, le sens des événements.

En dehors de sa fonction professorale, l’abbé Guérin était responsable des quelques jeunes qui pensaient entrer au séminaire. Il nous accompagnait notamment avec la revue Servir, qu’il nous faisait découvrir et qui nous permettait d’approfondir notre relation au Christ Jésus et à l’Église.

Roland avait la passion de transmettre : pas seulement l’histoire ou la géographie, mais aussi l’Évangile. Il a toujours gardé un pied dans l’enseignement et un autre dans la pastorale. Chaque dimanche, en effet, il rejoignait la petite communauté de Saint-Brice, où il célébrait l’Eucharistie. Et parfois, en semaine, après la classe, nous le voyions partir au volant de son Ami 6 pour rejoindre tel ou tel à Saint-Brice. À la retraite professionnelle, il a souhaité servir en paroisse, notamment à la paroisse Saint-Gilles-en-Haute-Sarthe, où il a secondé plusieurs curés.

Les anciens élèves du Sacré-Cœur et les Domfrontais gardent un excellent souvenir du père Roland : « ce petit bonhomme au petit chapeau », comme le rappelait quelqu’un ; « tonton Roland », comme l’appelaient affectueusement les potaches de l’époque.

Il a eu comme élève Luc Meyer, qui est actuellement évêque de Rodez et qui écrit ceci : « Bien en communion avec le diocèse de Séez. J’ai eu la chance, entre 1979 et 1983, d’être scolarisé au Sacré-Cœur de Domfront, où il y avait une bonne équipe d’enseignants et d’éducateurs. (…) Le père Guérin a su éveiller notre intérêt d’adolescents pour l’histoire et la géographie si importants pour comprendre le monde dans lequel nous vivons. »

Bien sûr, comme chacun de nous, Roland n’était pas parfait. Il avait aussi ses petits côtés. Ghislaine, André, ses frères et sœurs, vous le savez : il n’était pas toujours facile. Parfois un peu trop directif, exigeant. De même, quelquefois en colère, il s’écriait devant sa classe : « Mais c’est la pétaudière ici ! » Cependant, un collègue du père Guérin racontait : « Il donnait des punitions, mais il les enlevait le lendemain. Les élèves le savaient et ils en profitaient… »

Dans la vie de Roland, comme dans la nôtre, poussent quelques touffes d’ivraie à travers le bon grain. N’est-ce pas la réalité de nos vies d’hommes et de femmes qui, comme croyants, sommes invités à compter sur la miséricorde de Dieu plus que sur nos mérites ?

N’est-ce pas, en effet, le sens des obsèques chrétiennes : à la fois rendre grâce pour la présence et la fidélité de Dieu dans la vie de notre ami, qui a tenté de répondre le mieux possible à son appel et à son amour, et intercéder pour que le Seigneur l’accueille dans son cœur de Père, plein de tendresse et de miséricorde ?

Nous pouvons faire nôtre cette prière de la liturgie eucharistique : « Et nous, pécheurs, qui mettons notre espérance en ta miséricorde inépuisable, admets-nous dans la communauté des saints apôtres et martyrs, sans nous juger sur le mérite, mais en accordant largement ton pardon. »

N’est-ce pas aussi le sens de la prière de Jésus qui, à l’approche de sa mort, confie à Dieu son Père notre destinée finale ? « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde » (Jn 17, 24).

Au terme d’une longue vie de confiance, de service et de fidélité, notre frère Roland peut dire, en toute humilité, avec l’apôtre Paul : « J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse » (2 Tm 4, 7-8).

Nous pouvons faire nôtre cette prière de la liturgie des funérailles :

« À Toi, Seigneur très miséricordieux,
nous recommandons
l’âme de ton serviteur Roland.
Il a partagé à la fois
la grandeur et aussi la fragilité
de la condition humaine :
pardonne-lui ses péchés.
Et maintenant qu’il a quitté ce monde,
qu’il vive auprès de Toi. Amen. »

Messe d’à Dieu abbe Roland Guerin – Monsieur l’abbé Roland GUERIN s’est endormi dans la paix du Seigneur, muni des sacrements de l’Eglise, le samedi 29 août 2026 à l’hôpital de Mortagne-au-Perche, dans sa 95e année et dans la 70e année de son sacerdoce. La messe des funérailles était célébrée ce jeudi 3 septembre 2026 à 10h en la basilique Notre-Dame de Montligeon, suivie de l’inhumation, le même jour, au cimetière de La Chapelle-Montligeon.

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