Après la mort de leur conjoint, Céline et François-Xavier ont traversé deux veuvages très différents. Benoît est mort brutalement, tandis que Ségolène s’est éteinte après cinq années de maladie. Leur rencontre leur a révélé que l’amour après un veuvage ne remplace pas l’histoire vécue et n’efface pas la personne défunte. Leur second mariage s’est construit dans la prière, avec leurs huit enfants, en accueillant patiemment les incompréhensions et les grâces reçues.
En 2020, la France comptait environ 3,6 millions de veufs ou de veuves parmi les personnes de plus de 60 ans ; 81 % étaient des femmes. Un second mariage soulève alors des questions très concrètes : comment accueillir un nouvel amour sans effacer celui qui a été vécu ? Quelle place accorder au conjoint défunt ? Comment accompagner les enfants dans cette nouvelle union ? Céline et François-Xavier témoignent de leur discernement, de leurs hésitations et de l’espérance qui les a conduits à oser aimer de nouveau.
L’amour après un veuvage
François-Xavier — En 2014, mon épouse Ségolène est morte après cinq années de maladie et un double cancer. Nos quatre enfants avaient alors entre cinq et quinze ans. J’ai ensuite vécu seul pendant sept ans. Je suis toujours veuf aujourd’hui, mais, grâce à Dieu et à une très belle rencontre, je suis également marié avec Céline.
La maladie de Ségolène a été longue. Elle a progressivement abîmé son corps et rendu notre relation plus difficile. Lorsqu’un conjoint devient très vulnérable, incapable de se nourrir ou de faire sa toilette seul, une relation de compassion s’installe dans le couple. On cherche à porter sa souffrance et à prendre soin de lui, parfois avec un cœur un peu sauveur. Pourtant, on ne sort pas indemne de cette asymétrie. Au moment de sa mort, ma douleur était immense. Cependant, je souffrais presque davantage en regardant mes enfants souffrir. Ségolène possédait une vie spirituelle très profonde et une grande espérance du salut. Sa mort avait aussi quelque chose d’une délivrance après tant d’années de maladie. Il est difficile de reconnaître ce soulagement, car il vient toucher le fond de notre souffrance. Nous avions organisé des soins palliatifs à la maison. Nous savions que la mort approchait. Malgré cette préparation, le dernier souffle reste terrible : tout devient soudain définitif. Pourtant, d’une certaine manière, mon deuil avait déjà commencé. J’avais fait le deuil d’une épouse en pleine santé, puis celui d’une relation dans laquelle nous pouvions vivre à égalité de forces et de disponibilité.

Céline — Mon époux Benoît est mort accidentellement six ans avant cet entretien. Nous avions quatre enfants, âgés de dix-neuf ans et demi à vingt-quatre ans. Sa mort a été radicale : notre vie a basculé d’un instant à l’autre. Nous revenions de cinq semaines de marche sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Nous avions beaucoup de raisons de rendre grâce : l’un de nos fils allait se marier et un autre était entré au séminaire. Pendant cinq semaines, nous avions marché tous les deux, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, délestés de tout, avec un simple sac à dos.
Neuf jours après notre retour, Benoît a été happé par une prise de force. Il a été conduit à l’hôpital, mais son pronostic vital n’était pas engagé. Deux jours plus tard, au moment où les médecins ont voulu le lever pour pratiquer un examen, il a fait une embolie pulmonaire. Une heure avant que l’on m’annonce qu’il n’avait pas pu être réanimé, j’avais reçu un message de lui : « Ma chérie, je t’aime. Il me semble que je vais mieux ce matin. » Cette mort m’a physiquement coupé le souffle. Pourtant, pendant la messe de funérailles, au moment de l’offertoire, une parole est montée dans mon cœur sans que je l’aie préparée :
« Merci, Seigneur. Vous me l’avez prêté pendant vingt-cinq ans. Je vous le rends volontiers. »
Je n’ai jamais été en colère contre Dieu, mais j’ai pleuré comme je n’avais jamais pleuré. Au moment où Benoît est mort, nous nous aimions de plus en plus et, surtout, de mieux en mieux. Nous étions parvenus à une forme de sommet dans notre amour. Au milieu de cette peine, je gardais pourtant une confiance immense. Je répétais : « Seigneur, que mon espérance soit à la mesure de ma peine, c’est-à-dire immense. » Je demandais aussi au Seigneur de rester présent et de m’accompagner plus que jamais. Depuis lors, je redis souvent à mes enfants cette conviction : le Bon Dieu n’oublie jamais ses enfants fidèles.
Une rencontre née d’une prière et d’un message
Céline — Une amie commune a annoncé la mort de Benoît à François-Xavier. Elle ne cherchait pas à provoquer une rencontre. Elle lui a simplement confié notre famille afin qu’il prie pour nous. Sans connaître Benoît ni mes enfants, il s’est donc mis à prier. Il m’a ensuite envoyé un message pour m’exprimer sa compassion et m’assurer de sa prière. À cette période, je répondais peu à peu aux nombreuses personnes qui m’avaient témoigné leur affection. J’achetais de jolies cartes et je leur écrivais en rappelant parfois une anecdote. Cette correspondance me consolait. Elle avait même quelque chose de thérapeutique.
Lorsque je suis tombée sur le message de François-Xavier, je n’ai pourtant pas écrit. Je l’ai appelé. Nous avons parlé pendant près d’une heure. J’ai pleuré et je n’ai parlé que de Benoît, de notre histoire, de nos enfants et de tout ce que nous avions vécu de magnifique. Pour la première fois, j’ai eu l’impression que quelqu’un comprenait sans que j’aie besoin de terminer mes phrases.

« Qu’il est bon de parler à un cœur qui comprend. »
Quand François-Xavier est entré dans ma vie, je ne cherchais absolument pas à rencontrer quelqu’un. Je vivais mon deuil auprès de mes enfants, de mes amis et dans cette maison où j’avais tant aimé vivre avec Benoît. Un simple message a ouvert un chemin que je n’avais jamais envisagé. Je pensais rester veuve toute ma vie. Je m’imaginais presque en veuve vertueuse, vêtue de noir pendant cinquante ans. Cependant, le Bon Dieu nous connaît mieux que nous ne nous connaissons nous-mêmes. Ses plans ne sont pas toujours les nôtres.
François-Xavier — Lorsque Céline m’a appelé, je venais d’achever la relecture d’un ouvrage consacré à l’éducation intégrale. J’y travaillais chaque jour, tôt le matin et tard le soir. Si elle avait téléphoné quelques jours auparavant, je n’aurais probablement pas eu la même disponibilité intérieure.
Pendant cette première conversation, j’ai reçu dans mon cœur la certitude que le Bon Dieu m’envoyait une épouse. Certains comprendront difficilement cette affirmation et y verront peut-être quelque chose d’étrange ou de magique. Pourtant, je crois que Dieu nous accorde parfois des consolations que nous devons recevoir avec simplicité.
Je n’étais pas en recherche. Pendant plusieurs années, j’avais même fui les situations susceptibles de favoriser une rencontre. J’avais commencé à discerner une autre forme de consécration au Seigneur. Je me rendais volontiers indisponible pour certains mariages ou certains dîners, particulièrement lorsque je soupçonnais que des amis avaient invité une femme célibataire dans l’espoir de provoquer quelque chose.
Le veuvage modifie en effet les relations sociales. Certaines personnes ne voient plus une personne entière, mais seulement un veuf avec un bras manquant. Elles cherchent alors à combler ce manque. Pourtant, on ne cesse pas d’être veuf lorsque l’on rencontre quelqu’un. Peu après notre rencontre, j’ai dit à un médecin que j’avais « été veuf pendant sept ans ». Elle m’a regardé avec étonnement, comme si mon veuvage avait pris fin. Je me suis aussitôt repris : j’étais veuf depuis sept ans. Ce lapsus révélait que mon cœur se remplissait d’amour pour Céline, mais il était inexact. Je suis veuf et marié. Nous le resterons tous les deux toute notre vie.
Nous portons la blessure laissée par la mort. De plus, nos enfants nous verront toujours comme un père et une mère dont le conjoint est mort. J’ai épousé Céline avec son bras manquant ; elle m’a épousé avec le mien. Cette réalité nous protège du déni et nous aide à accueillir toute notre histoire. Après notre premier appel, d’autres conversations ont suivi. Au bout de quelques jours, j’ai compris que je ne cherchais plus seulement à consoler Céline : j’étais moi-même profondément consolé par notre relation et par l’amour que je ressentais pour elle. La dernière fois que j’avais reconnu cet amour avec une telle évidence, c’était lorsque j’avais rencontré Ségolène en 1995.
Discerner un second mariage sans trahir son conjoint défunt
Céline — Lorsque j’ai compris ce qui était en train de naître, je me suis jetée dans les bras de Dieu. Je me suis aussi, d’une certaine manière, jetée dans les bras de Benoît. Mon mari était parti si vite que je l’ai supplié de continuer à prendre soin de moi et de demander au Seigneur de me montrer le chemin. J’ai beaucoup prié et beaucoup pleuré. Les personnes veuves savent que l’on peut se réveiller la nuit en pleurant sans même savoir pourquoi. Dans ces moments-là, je demandais à Benoît de m’aider. Après vingt-cinq années de mariage, il savait mieux que quiconque ce qui pouvait être bon pour moi. Dans mon choix de François-Xavier, Benoît n’était donc pas effacé. Au contraire, tout se réunifiait dans la prière. Je crois qu’il a demandé au Seigneur de prendre soin de moi et que la réponse à cette prière a pris un chemin que je n’avais pas prévu.
La question de la trahison ne s’est jamais posée pour moi. Dès la mort de Benoît, j’ai compris que notre mariage avait pris fin. Nous nous promettons fidélité « jusqu’à ce que la mort nous sépare ». Cette séparation est réelle, même lorsque l’amour et la communion demeurent. En disant au Seigneur que je lui rendais volontiers Benoît, je comprenais aussi qu’il ne m’appartenait plus de manière exclusive. Je l’espérais auprès de Dieu, dans la communion des saints. Je prie encore pour lui en disant : « Seigneur, s’il n’est pas encore auprès de vous, accueillez-le ; et s’il y est, je le prie de tout mon cœur. »
Ainsi, aimer un autre homme ne signifiait pas remplacer Benoît. François-Xavier et lui n’occupent pas la même place. Notre relation conjugale appartient aujourd’hui à notre second mariage, tandis que ma relation avec Benoît se vit dans la gratitude, la prière et la communion des saints.
Céline — Certaines personnes estimaient que cette rencontre arrivait trop tôt. François-Xavier était veuf depuis sept ans et, pour quelques-uns, c’était encore trop tôt. J’étais veuve depuis environ un an : pour d’autres, c’était beaucoup trop tôt. Je suis alors allée voir mon directeur spirituel. Je pleurais en lui disant que j’aurais voulu rester veuve cinq ou dix ans afin que tout le monde comprenne. Je lui demandais ce que Dieu attendait de moi. J’avais perdu mon mari quelques mois auparavant et un homme avec lequel je pouvais continuer à aimer entrait dans ma vie. Cette situation me déroutait profondément.
Ma réponse a finalement été la même qu’au moment des funérailles : « Volontiers, Seigneur. Je fais confiance à vos plans. » Cette confiance ne supprimait pas le discernement. Au contraire, elle m’obligeait à solliciter plus intensément l’aide de Dieu.
François-Xavier — La mort met fin à une relation charnelle, sensible et affective faite de paroles, de gestes et de contacts. Cette forme de relation est terminée. Cependant, la vie sacramentelle et la prière nous permettent de garder avec nos conjoints défunts une relation d’amour, de gratitude et de communion.
Il n’existe pas de concurrence entre eux et nous. Je peux parler à Céline de ce que j’admirais chez Ségolène ; elle peut évoquer librement Benoît. Nous prions également les conjoints l’un de l’autre. Céline peut demander à Ségolène de l’aider à trouver sa place auprès de mes enfants. De mon côté, je peux demander à Benoît de m’apprendre à mieux aimer Céline. Cette présence nous conduit à l’humilité. J’ai épousé une femme façonnée par vingt-cinq années de mariage. Je mesure tout ce que Céline doit à son histoire avec Benoît. Je ressens donc beaucoup de gratitude envers cet homme que je n’ai pas connu.
Lorsque notre amour est devenu évident, nous avons cherché comment le vivre avec nos enfants, nos familles et nos amis. Le mariage n’était pas simplement un but. Il est devenu le moyen de recevoir les grâces dont nous avions besoin et de rendre notre alliance claire, pour nous-mêmes comme pour les autres.
Nous ne souhaitions pas construire un arrangement entre adultes, une amitié forte ou une relation faite de rencontres occasionnelles et de vacances partagées. Cela ne nous paraissait ni ajusté ni juste pour nos enfants. Nous avions besoin d’un engagement ferme, visible et définitif.
Notre discernement a été accompagné par des prêtres. Cet accompagnement a compté, même si l’Église parle encore peu des combats propres au veuvage et du chemin vers un second mariage. Je préfère d’ailleurs l’expression « second mariage » au mot « remariage ». Nous ne recommençons pas la même histoire : nous recevons un nouvel appel, avec tout ce que nous sommes devenus.

Accueillir les réactions des enfants
François-Xavier — Lorsque nous nous sommes rencontrés, mes enfants avaient entre douze et vingt-deux ans. Leurs réactions ont varié selon leur âge et leur maturité. Les deux aînés ont eu besoin de précautions et de temps pour se laisser apprivoiser par Céline. Les deux plus jeunes ont accueilli cette nouvelle avec une grande spontanéité. Ils se réjouissaient simplement qu’il puisse de nouveau y avoir une mère à la maison.
Les enfants avancent vers la vie. Ils ne raisonnent pas toujours avec les mêmes craintes que les adultes. Mes enfants m’avaient vu pleurer, notamment à Noël et lors des fêtes familiales où l’absence de leur mère devenait particulièrement douloureuse. Lorsqu’ils ont aperçu la possibilité de retrouver un père heureux et un foyer vivant, certains se sont engagés très vite dans cette espérance.
Céline — Pour mes enfants, la situation était différente. Leur père était mort récemment et ils avaient gardé le souvenir très frais d’un homme présent, avec lequel nous avions vécu de très beaux moments. Ils pouvaient légitimement se demander pourquoi leur mère avait besoin de commencer une autre histoire alors qu’elle avait été heureuse pendant vingt-cinq ans. Je me suis posé la même question. Je demandais au Seigneur pourquoi je devais m’engager de nouveau alors que j’avais déjà été tellement comblée dans mon mariage. Mes enfants n’ont pas accueilli cette perspective sans difficulté. Nous avons eu des discussions parfois rudes, au cours desquelles nous pleurions tous ensemble.
Je comprenais leur incompréhension, car je suis leur mère. Cependant, leur peine ne pouvait pas décider à ma place. Un prêtre m’a un jour demandé combien de personnes sollicitaient le consentement de leurs enfants avant de se marier. Cette parole m’a aidée à retrouver ma responsabilité d’adulte et de mère.
Le veuvage peut infantiliser. Sous prétexte de prendre soin de nous, certaines personnes prétendent savoir mieux que nous ce qui est bon. Pourtant, la peine ne fait pas nécessairement perdre le discernement. Pendant les premiers mois de mon veuvage, je me sentais au contraire profondément unie à Dieu. Ma prière était intense. François-Xavier ne s’est jamais imposé auprès de mes enfants. Même après notre mariage, nous avons passé notre premier Noël et nos premières fêtes de Pâques séparément, chacun avec ses enfants, dans sa maison. Nous étions sereins, car nous savions que cette disposition respectait leur rythme.
Vivre notre conjugalité avec clarté
François-Xavier — Nous avançons progressivement. Nous avons désormais vécu un Noël presque tous ensemble, avec nos enfants, leurs conjoints et nos petits-enfants. D’autres rassemblements ont suivi, mais nous ne forçons rien. Lorsqu’un enfant ne souhaite pas participer, nous n’interprétons pas ses intentions. Je n’aime pas l’expression « faire famille ». Elle donne l’impression que nous devrions organiser artificiellement une nouvelle unité ou faire comme si les histoires précédentes n’avaient pas existé. Nous vivons d’abord notre conjugalité avec fermeté et clarté. Ensuite, nous laissons les liens se créer à travers les circonstances.
Je ne suis pas le père des enfants de Céline et elle ne cherche pas à devenir la mère de mes enfants. Il n’y aura jamais de confusion. Cependant, mon plus jeune fils, qui a connu Céline alors qu’il était encore assez jeune, se réjouit de la présence d’une femme à la maison. Pour un enfant, il peut être difficile de dire à ses camarades qu’il n’a plus de père ou de mère. Mon fils était gêné lorsqu’un ami lui disait : « Tu demanderas à ta mère. » L’arrivée de Céline lui a permis de retrouver quelque chose de simple : la joie qu’une mère soit de nouveau présente dans son quotidien.
Nos huit enfants partagent aussi un respect profond. Les uns ont perdu leur mère ; les autres ont perdu leur père. Cette expérience commune marque leur manière de se parler et de s’accueillir.
Oser continuer à aimer sans refaire sa vie
Céline — Je remercie chaque jour le Seigneur de m’avoir donné la grâce d’oser continuer à aimer. Cette audace demande de la force. Il faut parfois beaucoup de courage pour s’autoriser à recevoir un nouvel amour. Je voudrais dire aux personnes veuves qui entrevoient cette possibilité qu’elles peuvent chercher librement ce que Dieu leur demande. Tout le monde n’est pas appelé à vivre un second mariage. Toutefois, lorsque ce chemin se présente, il ne faut pas nécessairement le refuser par peur du regard des autres ou par crainte de trahir la personne défunte.
Nous ne « refaisons » pas notre vie. Ma vie avec Benoît a duré vingt-cinq ans et elle demeure une partie essentielle de mon histoire. Elle ne peut être recommencée ni remplacée. Nous vivons notre second mariage comme une continuité de l’amour, selon des modalités nouvelles.
« Il faut trouver la force d’oser continuer à aimer. »
Je prie pour que chaque personne veuve puisse discerner ce que Dieu lui demande de vivre. Il faut aussi accepter de se laisser consoler par des grâces que nous n’avons pas choisies.
Montligeon, lieu d’espérance
François-Xavier — Montligeon est pour nous un lieu d’espérance, car nous y retrouvons nos amis du Ciel. Lorsque nous avons perdu des êtres chers, le Ciel devient plus familier. Nous découvrons que notre relation avec eux ne repose plus sur leur présence visible, mais sur l’espérance, la prière et la communion des saints.
Témoigner de la joie d’un second mariage à Montligeon, c’est aussi témoigner de la confiance que nous plaçons dans la prière pour les défunts. Nous pouvons remettre au Seigneur ceux qui sont morts au lieu de les retenir uniquement dans notre peine et notre nostalgie. Accepter d’être heureux peut devenir un chemin de paix pour eux comme pour nous. Ce bonheur peut venir des enfants, des amis, de la famille ou, comme dans notre histoire, d’un second mariage. Il ne nie pas la mort et ne supprime pas le manque. Il manifeste que l’amour reçu continue à porter du fruit.
« Accepter d’être heureux est un chemin de paix »
L’amour après un veuvage ne consiste donc ni à oublier, ni à remplacer, ni à recommencer la même vie. Il demande d’accueillir toute son histoire, de respecter le chemin des enfants et de remettre l’avenir entre les mains de Dieu. Dans cette confiance, nous pouvons continuer à aimer les défunts, prier pour eux et recevoir, lorsque ce chemin nous est donné, la grâce d’un nouvel amour.
Le deuil au sanctuaire de Montligeon
Le sanctuaire Notre-Dame de Montligeon propose des sessions pour les personnes qui traversent la mort d’un proche. Elles offrent un temps de repos, d’écoute, de prière et d’accompagnement pour avancer sur un chemin d’espérance.
Recommander vos proches à la messe perpétuelle du sanctuaire Notre-Dame de Montligeon :
_ Propos recueillis par Emmanuel du Jonchay




